Santé · Troubles du comportement alimentaire

Quand le sport n'est pas la première étape : anorexie et troubles du comportement alimentaire

Sur ce site, presque tous les articles te disent de bouger plus. Celui-ci dit autre chose : pour certaines personnes, ce n'est pas le bon point de départ, et le premier pas est de se faire soigner. Il ne contient volontairement aucun programme, aucune dose, aucun objectif chiffré.

Si tu es concerné(e) ou si tu t'inquiètes pour quelqu'un

Parle-en à ton médecin traitant, ou à un professionnel de santé en qui tu as confiance. Il n'est jamais trop tard pour consulter.6

Ligne d'écoute nationale Anorexie Boulimie Info Écoute, anonyme, portée par la Fédération française anorexie boulimie (FFAB) : 09 69 32 59 00, numéro non surtaxé, de 16 h à 18 h les lundi, mardi, jeudi et vendredi.12,13,14

En cas de danger immédiat ou de malaise grave : appelle le 15 ou le 112.13

La question

Tu as peut-être déjà lu, ici ou ailleurs, que le sport est bon pour presque tout : le cœur, le moral, le sommeil. C'est vrai en général. Mais « en général » ne veut pas dire « pour tout le monde, à tout moment ». Il existe des situations où la même activité qui aide la plupart des gens entretient une souffrance. Les troubles du comportement alimentaire (TCA), et l'anorexie mentale en particulier, en font partie.

C'est aussi un terrain où un article bien intentionné peut faire du mal. Un plan d'entraînement, un test à refaire, un objectif de progression, un classement : chacun de ces outils, utile pour beaucoup, peut devenir un carburant pour la maladie chez une personne vulnérable. Alors cet article fait le contraire de ce qu'on attend d'un article de coaching. Il explique pourquoi on ne donne pas de plan ici, ce que dit la recherche, comment reconnaître que quelque chose ne va pas, et qui doit décider de la place du sport.

La question

Quand une personne est en situation d'anorexie ou de trouble du comportement alimentaire, que peut-on dire de juste sur le sport sans lui faire de mal, et qui doit décider de sa place ?

On y répond en quatre étapes : la fréquence du problème chez les sportifs, le mécanisme du manque d'énergie, ce que la recherche sait de l'exercice dans les TCA, puis les limites de ce savoir. Ensuite viennent les signaux d'alerte, la réponse de soin, ce que ce site doit s'interdire, et ce que peuvent faire les proches.

Les enjeux

Ce qui est en jeu est d'abord la santé physique et psychique. L'anorexie mentale est une maladie grave, qui nécessite des soins coordonnés : les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) parlent d'un suivi qui couvre les dimensions nutritionnelle, somatique, psychologique et familiale.5 Plus tôt elle est repérée, meilleur est le pronostic : la HAS le dit dans le même document.5

Il y a ensuite un enjeu propre au sport. Le sport peut cacher un trouble, parce qu'une personne très active passe pour « disciplinée » ou « motivée ». Il peut aussi l'entretenir. Et il peut être le lieu où l'entourage, un entraîneur, un partenaire d'entraînement, voit le premier les changements. La HAS note d'ailleurs que les professionnels et les personnes en contact avec les groupes à risque, dont les entraîneurs sportifs, sont bien placés pour repérer tôt.5

Enfin, il y a un enjeu pour un site comme celui-ci. Des tests de forme, des mesures répétées, des barèmes : tout cela peut aider quelqu'un à se situer, ou devenir une obsession. Il faut savoir où s'arrête la page.

Étape 1 sur 4 · La fréquence chez les sportifs

Les troubles alimentaires sont plus fréquents chez les sportifs de haut niveau, surtout dans certains sports

On part du constat le plus large. Dans une étude norvégienne devenue classique, des chercheurs ont suivi la quasi-totalité des athlètes d'élite du pays (1 620) et un groupe témoin (1 696). Une première phase par questionnaire a repéré les personnes à risque, puis un entretien clinique a déterminé qui répondait aux critères de trouble alimentaire, y compris sous une forme partielle (« subclinique »).3

Chez les athlètes d'élite, ces troubles sont environ trois fois plus fréquents que dans le groupe témoin

Part de personnes avec un trouble alimentaire, clinique ou subclinique (%) 13,5 % 4,6 % Athlètes d'élite1 620 personnesGroupe témoin1 696 personnes

Source : Sundgot-Borgen et Torstveit, athlètes norvégiens, source 3. Les deux hauteurs sont tracées à la même échelle. Le « environ trois fois » est un rapport calculé à partir de ces deux valeurs (13,5 divisé par 4,6, donc dérivé). Étude d'association, menée en Norvège : elle ne dit pas que le sport cause le trouble.

Ce que ça veut dire

Un trouble alimentaire est une maladie plus répandue dans le sport de haut niveau que dans la population générale. La HAS l'écrit aussi pour l'anorexie.5 Ça ne veut pas dire que faire du sport rend malade. Ça veut dire que le milieu sportif doit être un lieu de vigilance, pas seulement de performance.

Le risque n'est pas réparti de façon uniforme. Dans la même étude, chez les femmes, la part de personnes concernées était plus élevée dans les sports où l'apparence ou le poids comptent (sports dits esthétiques), et plus élevée aussi dans les sports d'endurance que dans les sports de balle.3

Le risque varie fortement selon le type de sport

Athlètes féminines d'élite avec un trouble alimentaire, clinique ou subclinique (%) Sports esthétiquesEnduranceSports techniquesSports de balle 42 %24 %17 %16 %

Source : Sundgot-Borgen et Torstveit, source 3. Échelle : 10 pixels pour 1 %. Le résumé lu ne donne pas de test statistique pour cette comparaison entre sports chez les femmes. Chez les hommes, la même étude trouve aussi des écarts selon le sport.

Ce que ça veut dire

Plus un sport associe performance et contrôle du corps, plus le risque grimpe. Une synthèse de sept études va dans le même sens : six d'entre elles trouvent plus de troubles de l'alimentation dans les sports où la minceur est valorisée.4 Si tu t'entraînes en endurance, ce n'est pas une raison de t'inquiéter, c'est une raison de savoir.

Cette étape établit que le problème est réel et que le sport n'en est pas à l'abri. Reste à comprendre par quel mécanisme le sport et l'alimentation peuvent se mêler au point de se faire du mal.

Étape 2 sur 4 · Le mécanisme

Le sport demande de l'énergie : quand elle manque, tout le corps le paie

Le Comité international olympique (CIO) a nommé ce mécanisme dans une déclaration de consensus : le RED-S, pour « Relative Energy Deficiency in Sport », en français déficit énergétique relatif dans le sport. L'idée est simple. Le corps a besoin d'une certaine quantité d'énergie pour fonctionner, en plus de ce que le sport dépense. Quand l'apport ne couvre pas l'ensemble, on parle de faible disponibilité énergétique. Le CIO définit le RED-S comme un fonctionnement physiologique altéré causé par ce déficit relatif.1

Ce déficit peut être volontaire ou non. Il peut venir d'un trouble alimentaire, mais aussi d'un simple manque d'attention : une dépense qui augmente sans que l'alimentation suive. C'est pourquoi la notion est utile : elle ne demande pas de juger une intention.

Le consensus de 2018 liste les systèmes touchés : hormonal, menstruel, osseux, métabolique, sanguin, cardiovasculaire, digestif, immunitaire, psychologique. Côté performance, il cite la maladie et les blessures plus fréquentes, la récupération plus lente, l'humeur et la concentration altérées.1 Autrement dit, le manque d'énergie ne fait pas progresser : il fait régresser, y compris dans le sport qu'on voulait servir.

Chez les femmes, un cadre plus ancien décrit trois éléments liés : une faible disponibilité énergétique avec ou sans trouble alimentaire, des troubles du cycle menstruel, et une fragilité osseuse. C'est la « triade de la femme athlète », reprise dans une déclaration de consensus de 2014 sur le traitement et la reprise du sport.2

Ce que ça veut dire

Un corps qui s'entraîne sans recevoir assez d'énergie ne se renforce pas. Il s'use. Et les premiers signes ne sont pas toujours visibles de l'extérieur : un cycle qui change, des blessures qui reviennent, une fatigue qui ne passe pas. Le CIO le dit aussi pour les hommes : coureurs, cyclistes, rameurs et sports à catégories de poids sont cités parmi les plus concernés.1

Jusqu'ici, on a vu que le problème existe et qu'il a un mécanisme. Il reste la question que ce site doit traiter avec le plus de précaution : que dit la recherche de l'exercice chez les personnes qui ont un trouble alimentaire ?

Étape 3 sur 4 · Ce que dit la recherche sur l'exercice dans les TCA

Les preuves sont rares, petites et issues de soins encadrés

Dans les troubles alimentaires, l'activité physique a deux visages. D'un côté, l'exercice compulsif : une activité qui prend toute la place, qu'on poursuit malgré la fatigue ou la blessure, et dont l'arrêt provoque de la détresse. Le DSM-5 décrit d'ailleurs, dans l'anorexie, une dépense d'énergie augmentée par un exercice excessif.7 La HAS parle d'hyperactivité physique, décrite dans certaines formes, et de perfectionnisme souvent très marqué.5 Une revue de 2023 rapporte que cet exercice dysfonctionnel est présent chez 22 à 80 % des personnes qui ont un trouble alimentaire, une fourchette très large, qui reflète surtout des définitions différentes selon les études.11

De l'autre côté, une question que les soignants se posent : faut-il interdire toute activité pendant les soins, ou peut-elle y trouver une place, très encadrée ? Les revues qui se sont penchées sur ce point sont peu nombreuses.

La base de preuves est mince : quelques études, souvent petites

Nombre d'études incluses dans chaque revue Hausenblas, 2008Moola, 2013 6 études 5 essais randomisés 5 autres

Sources : source 8 (fiche du registre CRD) et source 9 (résumé de la revue). Échelle : 40 pixels par étude. Dans la revue de 2008, plus de 375 participants au total ; trois études de 14 à 21 personnes seulement.

Hausenblas, Cook et Chittester (2008). Cette revue a réuni six études. Ses auteurs concluent que l'exercice « peut améliorer une série de résultats » chez des patients avec un trouble alimentaire, mais que davantage de recherche est nécessaire. Les relecteurs du registre CRD notent que la validité des études n'a pas été pleinement évaluée et que la méthode est incomplètement décrite.8

Moola et collaborateurs (2013). Revue systématique sur l'anorexie : 1 664 articles trouvés, 10 retenus (5 essais randomisés, 2 quasi-expérimentaux, 2 études de cas, 1 étude qualitative). Aucune étude n'a rapporté d'effet négatif sur le poids. Dans les deux seules études qui ont mesuré les symptômes du trouble, aucune n'a montré d'aggravation, et six études sur dix rapportaient un meilleur bien-être. Les auteurs concluent qu'une activité physique adaptée et sûre « ne fait pas de mal » tout en offrant des bénéfices, mais ils précisent que les études sont peu nombreuses, de petite taille, souvent mal décrites, que les soins psychologiques simultanés n'étaient pas contrôlés, que le biais de publication n'a pas été évalué et que les troubles autres que l'anorexie étaient exclus.9

Quesnel (2018). Un travail mené à l'Université de Colombie-Britannique, à Okanagan, publié dans la revue Eating Disorders, repose sur des entretiens avec des professionnels de ces troubles en Amérique du Nord et en Europe. Il avance que l'arrêt brutal et complet de toute activité pendant les soins est peut-être moins efficace qu'on ne le croit, et appelle à des consignes individualisées et progressives. Ce n'est pas un essai, ce sont des avis d'experts : le communiqué lu pour cet article ne donne ni le nombre d'interviewés ni la méthode.10 La même autrice a ensuite cosigné, en 2023, une revue des complications médicales de l'exercice dans les TCA : elle recense les situations où l'exercice peut être contre-indiqué ou doit être modifié, et se présente comme une ressource pour les équipes soignantes, pas comme un guide pour les personnes seules.11

Ce que ça veut dire

Ce qui est démontré est très limité. Les revues décrivent des programmes adaptés, supervisés, au sein de soins, et rien de plus. Elles ne disent pas qu'une personne en situation d'anorexie devrait s'y mettre d'elle-même, ni que ce serait sans risque en dehors d'un suivi. Elles disent seulement qu'on n'a pas trouvé de preuve que l'activité, bien encadrée, aggrave les choses, et que la question mérite de meilleures études.

Étape 4 sur 4 · Les limites de ce savoir

Ce que les études ne permettent pas de conclure

Le plus important de cet article tient en une phrase : l'absence de preuve de danger dans de petites études encadrées n'est pas une preuve de sécurité hors cadre. Plusieurs raisons s'additionnent.

Les populations et les contextes diffèrent. Les études décrivent des personnes suivies par une équipe, parfois hospitalisées, avec des adaptations décidées par des soignants. Le cadre est une partie de l'intervention.

Les échantillons sont petits et le biais de publication possible. Les revues le disent elles-mêmes.8,9

On ne sait pas pour qui, quand, ni jusqu'où. La revue de 2023 liste des situations où l'exercice peut être contre-indiqué ou nécessiter des modifications, par exemple selon l'état cardiaque, la tension ou l'hydratation.11 Seule une équipe qui connaît la personne peut en juger.

Et l'athlète ? Le CIO est net : un athlète qui répond aux critères d'un trouble sévère comme l'anorexie ou la boulimie ne devrait pas participer à la compétition, l'exercice peut devoir être réduit ou arrêté selon la gravité, et le traitement doit être assuré par une équipe pluridisciplinaire. Le CIO précise aussi que ces recommandations « nécessitent une validation supplémentaire ».1 La déclaration de 2014 sur la triade ajoute que la décision de reprise est prise par le médecin, avec l'équipe.2

Un dernier point de prudence sur les outils de repérage : le CIO note qu'aucun des questionnaires de dépistage des troubles alimentaires utilisés chez les athlètes n'est validé par rapport aux critères du DSM-5.1 Un score en ligne ne remplace donc pas une consultation.

Les signaux d'alerte

Ce qui suit n'est pas un outil de diagnostic. Seul un professionnel peut poser un diagnostic. Ce sont des raisons d'en parler. Pour limiter les risques, on ne décrit ici aucun comportement alimentaire précis : on décrit ce qui se voit dans la vie de la personne.

Ce que peut remarquer l'entourage ou l'entraîneur

  • Un changement physique marqué, ou des périodes d'absence de règles. La HAS cite la perte de poids, les troubles menstruels et les perturbations de l'image du corps parmi les signes d'alerte.5
  • Une pratique qui prend toute la place, qui continue malgré la blessure, la maladie ou la fatigue, avec de l'angoisse ou de la culpabilité quand elle est empêchée.
  • Des blessures qui s'enchaînent, une fatigue durable, des malaises, un froid permanent, une humeur qui s'assombrit ou s'irrite.
  • Un retrait des repas et des moments partagés, une rigidité nouvelle autour de l'alimentation, un secret.
  • Une préoccupation constante du corps, de la performance ou de la comparaison aux autres.

Ce que peut remarquer la personne elle-même

  • Le sport n'est plus un plaisir mais une obligation dont on ne peut plus se passer.
  • Penser à l'alimentation et au corps occupe une grande partie de la journée.
  • On cache, on minimise, ou on se sent coupable sans raison claire.

La HAS recommande, pour les professionnels de première ligne, un questionnaire court de repérage (le SCOFF-F), qui détecte un trouble possible et non un diagnostic : un résultat positif conduit à une orientation spécialisée.5 Le médecin traitant est la bonne porte d'entrée.

Ce que ça veut dire

Un seul signe ne prouve rien. Mais plusieurs ensemble, ou un seul qui dure, justifient de demander un avis. Mieux vaut une consultation « pour rien » qu'un trouble repéré trop tard.

La réponse : les soins d'abord, le sport ensuite, sur avis de l'équipe soignante

Voici la partie qui remplace la « mise en place » des autres articles. Ce n'est pas un programme : c'est un parcours de soin, et chaque étape appartient à des professionnels.

  1. En parlerÀ une personne de confiance, puis à un médecin. La HAS insiste sur la précocité : un repérage tôt évite que les symptômes s'installent.5,6
  2. Consulter le médecin traitantIl recherche d'abord les signes de gravité immédiate, puis coordonne ou oriente vers un confrère spécialisé.7
  3. Entrer dans des soins coordonnésUne équipe pluridisciplinaire : un professionnel de santé mentale et un médecin somaticien au minimum, d'après le résumé de Vidal des recommandations de la HAS ; la prise en charge couvre les dimensions nutritionnelle, somatique, psychologique et familiale.5,7 Dans le sport, la déclaration sur la triade ajoute le médecin du sport, un diététicien du sport, et parfois l'entraîneur et la famille.2
  4. Laisser l'équipe décider de l'activitéReprendre, adapter ou suspendre le sport est une décision médicale, individuelle, qui évolue. Elle ne se prend ni seul(e), ni sur un site.1,2

Les associations de patients et de proches, ainsi que la ligne d'écoute citée plus haut, peuvent aider à franchir les deux premières étapes, de façon anonyme. La HAS cite elle-même cette possibilité.6

Pour qui est ce site, et ce qu'une page de tests ne doit pas faire ici

THW propose des tests de forme : endurance, force, mobilité. Pour la grande majorité des gens, mesurer son point de départ et le refaire de temps en temps est utile. Pour une personne en situation de TCA, ce n'est pas le bon outil, et le site doit le dire clairement.

  • Pas de test dans cette situation. Si cet article te concerne, ne passe pas les tests de ce site. Parle d'abord à un professionnel de santé.
  • Pas de mesure obsessionnelle. Aucune injonction à refaire un test, aucune série de jours à tenir, aucun rappel qui culpabilise une absence.
  • Pas de classement. Aucun podium, aucune comparaison entre utilisateurs, aucun « top » : la comparaison est un carburant du trouble.
  • Pas de mesure du corps comme but. Les tests évaluent ce que le corps sait faire. Ils ne doivent pas devenir une surveillance de son apparence ou de sa composition.
  • Un renvoi vers le soin. Un bandeau sur chaque page de test mène vers cet article et vers la ligne d'écoute.

Et si tu es entraîneur ou préparateur : cet article n'est pas écrit pour que tu « gères » un trouble, mais pour que tu saches l'orienter. Tu n'as pas à établir de diagnostic ; tu as à dire ce que tu vois, avec douceur, et à orienter vers un médecin.

Ce que peuvent faire les proches

Les fiches de la HAS sur « comment en parler » donnent des repères que l'on peut reprendre.6 Elles portent sur la boulimie et l'hyperphagie, mais les principes de communication sont de bon sens pour tous les TCA.

  • Comprendre que ce n'est pas un manque de volonté. Ce sont des troubles qui nécessitent des soins.
  • Regarder la personne entière. Parle de ce qu'elle traverse (fatigue, tristesse, repli) plutôt que seulement de ce qu'elle mange ou de son corps, qui la mettra sur la défensive.
  • Valoriser ses forces et ses efforts plutôt que relever les échecs ou les rechutes.
  • Donner de l'espoir sans dramatiser. La guérison est possible malgré la durée des troubles et de possibles rechutes.
  • Anticiper les freins. La honte, la peur du jugement, le déni et le coût des soins sont des obstacles réels. Propose d'accompagner à un rendez-vous.
  • Ne pas jouer au soignant. Pas de surveillance, pas de contrôle, pas de marchandage sur le sport : la HAS note que le contrôle familial excessif peut gêner la prise en charge.5
  • Prendre soin de soi. Les proches ont aussi des ressources : la ligne d'écoute s'adresse aussi à eux.

Réponse à la question

On avait demandé : que peut-on dire de juste sur le sport quand une personne est en situation d'anorexie, et qui décide de sa place ?

Ce qui est solide. Les troubles alimentaires sont plus fréquents chez les sportifs de haut niveau, surtout dans les sports où le corps est contrôlé. Le manque d'énergie atteint de nombreux systèmes du corps. Les recommandations de la HAS et les consensus internationaux demandent des soins coordonnés avec une équipe, et font de la reprise du sport une décision médicale.

Ce qui est probable mais limité. Dans le cadre de soins, une activité adaptée n'a pas été trouvée nocive dans de petites études, et l'arrêt total est discuté. Mais ces études sont peu nombreuses, de faible taille, et ne concernent pas la pratique en dehors du soin.

Ce qui n'est pas démontré. Qu'une personne puisse reprendre le sport seule en sécurité, ou qu'un programme générique, une dose ou un test soit adapté. Aucune source lue ne le montre. Voilà pourquoi cet article ne contient ni plan, ni dose, ni objectif.

La réponse tient donc en deux mots : se faire soigner. Le sport pourra revenir, souvent, mais à la place et au rythme que fixera l'équipe soignante.

Limites de cet article
  • Il ne remplace ni un avis médical, ni un suivi. Il n'est pas un conseil personnalisé.
  • Le travail de Quesnel de 2018 n'est lu que par son communiqué de presse ; les revues de 2008 et 2013 sont lues par des fiches et des résumés, pas en texte intégral.
  • Les recommandations HAS de 2019 portent sur la boulimie et l'hyperphagie, celles de 2010 sur l'anorexie mentale. Les conseils aux proches de la HAS sont tirés de la fiche sur la boulimie.
  • Les chiffres de fréquence viennent d'une étude norvégienne ancienne, sur des athlètes d'élite ; ils ne se transposent pas tels quels à un sport de loisir.

Questions fréquentes

Je fais du sport et je suis inquiet(e) pour mon rapport au corps. Que faire ?

Prends rendez-vous avec ton médecin traitant, et dis-lui précisément ce qui t'inquiète. Tu peux aussi appeler la ligne d'écoute, anonymement. Ne cherche pas à te tester ou à te corriger seul(e).

Mon enfant, mon élève ou mon partenaire d'entraînement a changé. Je lui en parle ?

Oui, et sans attendre d'être certain(e). Parle de ce que tu vois et de ce que tu ressens, avec bienveillance, sans reproche, sans parler de poids ni de nourriture. Propose de l'accompagner chez un médecin.

Faut-il arrêter tout sport en cas de trouble alimentaire ?

Ce n'est pas à un article de le dire. Les spécialistes eux-mêmes discutent de la place de l'activité dans les soins. La décision revient à l'équipe soignante, au cas par cas.

Pourquoi n'y a-t-il pas de test à passer sur cette page ?

Parce que pour une personne vulnérable, une mesure répétée et des repères chiffrés peuvent alimenter la maladie. On préfère que ce site ne tende pas ce piège.

Sources

  1. Mountjoy M. et al., « IOC consensus statement on relative energy deficiency in sport (RED-S): 2018 update », British Journal of Sports Medicine, 2018 ; 52(11):687-697 : bjsm.bmj.com.
  2. De Souza M.J. et al., « 2014 Female Athlete Triad Coalition consensus statement on treatment and return to play of the Female Athlete Triad », British Journal of Sports Medicine, 2014 ; 48(4):289 : bjsm.bmj.com.
  3. Sundgot-Borgen J., Torstveit M.K., « Prevalence of eating disorders in elite athletes is higher than in the general population », 2004 (résumé) : qxmd.com.
  4. Mancine R.P. et al., « Prevalence of disordered eating in athletes categorized by emphasis on leanness and activity type, a systematic review », Journal of Eating Disorders, 2020 (résumé) : doaj.org.
  5. Haute Autorité de santé, « Anorexie mentale : prise en charge », argumentaire, juin 2010 (extraits) : has-sante.fr (PDF).
  6. Haute Autorité de santé, « Boulimie et hyperphagie boulimique : comment en parler ? », fiche outil n°2, juin 2019 : has-sante.fr (PDF).
  7. Hoppenot I., article Vidal sur les troubles du comportement alimentaire, 16 octobre 2025, qui résume les recommandations HAS (2010 et 2019) : vidal.fr.
  8. Hausenblas H.A., Cook B.J., Chittester N.I., « Can exercise treat eating disorders? », Exercise and Sport Sciences Reviews, 2008 ; 36(1):43-47 (fiche du registre CRD) : crd.york.ac.uk.
  9. Moola et al., revue systématique sur l'exercice dans l'anorexie mentale, 2013 (résumé du Mental Elf) : nationalelfservice.net.
  10. Quesnel D., travail sur l'exercice dans la prise en charge des troubles alimentaires, Eating Disorders, 2018 (communiqué de l'université, 10 janvier 2018) : news.ok.ubc.ca.
  11. Quesnel D.A. et al., « Medical and physiological complications of exercise for individuals with an eating disorder: a narrative review », Journal of Eating Disorders, 2023 : link.springer.com.
  12. « Troubles alimentaires : une campagne pour libérer la parole » (FFAB, Journée mondiale des TCA, 2 juin 2023), handicap.fr : informations.handicap.fr.
  13. Qare, « Anorexie, boulimie : comprendre ce trouble », page de santé (ligne d'écoute, urgences 15 et 112) : qare.fr.
  14. Find A Helpline, fiche « Anorexie Boulimie Info Écoute » (jours et heures, anonymat) : findahelpline.com.

Pas de protocole sur cette page

Contrairement aux autres articles, ce contenu ne précède pas un test. Voir la note de rédaction : il est proposé en page « Avant de commencer » et en bandeau sur les pages de test, jamais comme introduction d'un protocole à passer.

Note de rédaction (n'apparaît pas sur le site).

Numéro de la ligne d'écoute : à trancher avant publication. Le numéro fourni dans la demande, 0 810 037 037, est celui de la fiche HAS de juin 2019 et d'un document ancien de l'AP-HP (0,06 € la minute plus le prix de l'appel). Deux sources plus récentes donnent 09 69 32 59 00, non surtaxé : un article de 2023 sur la campagne de la FFAB et la page Qare. Le site de la FFAB et celui de la Journée mondiale n'ont pas pu être ouverts ; l'article affiche donc le numéro le plus récent, mais il faut le vérifier sur ffab.fr avant publication. Horaires : lundi, mardi, jeudi, vendredi de 16 h à 18 h (article 2023 et fiche Find A Helpline, qui précise que le mercredi est exclu) ; les anciennes sources disent du lundi au vendredi.

Choix de contenu. Aucun plan, dose, durée, objectif, poids, IMC, calorie, ni description de méthode. La « mise en place » est un parcours de soin. Aucun test à refaire. Pas de personnage type : un cas fictif aurait demandé de décrire des comportements. Les chiffres ont été relus sur page ouverte, sauf ceux marqués ci-dessous. Seuls chiffres de pourcentage conservés : fréquence (13,5 et 4,6 ; 42, 24, 17, 16 ; fourchette 22-80 %), qui ne décrivent pas de comportements.

Chiffres dérivés. « Environ trois fois » (13,5 divisé par 4,6, soit 2,9) ; hauteurs des barres proportionnelles aux valeurs lues.

Non vérifié ou à relativiser. (1) Sundgot-Borgen et Torstveit 2004 : le résumé lu (qxmd) ne donne ni auteurs ni année ; l'attribution vient du titre. (2) Mancine 2020 : résumé seulement (7 études, 6 sur 7) ; aucun pourcentage repris. (3) Hausenblas 2008 : fiche CRD, pas l'article. (4) Moola 2013 : résumé du Mental Elf ; auteurs, revue et nombre exact de participants non repris. (5) Quesnel 2018 : communiqué de presse seulement ; le communiqué parle de 30 à 80 % d'exercice dysfonctionnel, l'article utilise la fourchette de la revue de 2023 (22 à 80 %), lue sur la page éditeur tronquée ; recommandations finales de cette revue non lues. (6) Vidal 2025 : article secondaire qui résume la HAS ; « au moins deux soignants » est repris de ce résumé et se rapporte aux recommandations 2019 (boulimie), pas à celles de 2010 sur l'anorexie. (7) HAS 2010 : extraits de l'argumentaire seulement ; la partie sur l'activité physique et sa reprise n'a pas été retrouvée dans les extraits lus, donc rien n'est attribué à la HAS à ce sujet. (8) Triade 2014 : seuil de gravité (indice de masse corporelle) lu mais volontairement non repris. (9) Les consignes du CIO sur la compétition sont celles de la page BJSM lue, qui précise qu'elles doivent être validées davantage. (10) Revue de 2022 sur la thérapie par l'exercice dans l'anorexie (PMC9627498) : non ouverte, non citée. PubMed et PMC bloquent souvent.

Retiré. Les seuils médicaux de la revue de 2023 (valeurs numériques de poids et de fréquence cardiaque, exclus par garde-fou), la liste des tests de repérage et leurs questions (SCOFF-F cité sans le détail), les chiffres de gravité de la triade, les données masculines par sport, la citation « 30 à 80 % » du communiqué.

À décider côté fondateur. (a) Placement : je recommande de ne pas afficher cet article au-dessus d'un protocole de test, mais en page « Avant de commencer » et en bandeau permanent de renvoi sur chaque test. (b) Relecture par un professionnel (médecin ou psychologue spécialisé en TCA) avant publication : je le recommande fortement, c'est un sujet où une erreur peut nuire. (c) Ajouter ou non le 3114 (numéro national de prévention du suicide) : non lu à la source ici, donc non écrit. (d) Titre : « Quand le sport n'est pas la première étape » est le titre demandé ; le sous-titre pourrait être « anorexie et troubles du comportement alimentaire » seul, à discuter.