The Hybrid Way · Entraînement

L'athlète hybride : pourquoi endurance et force ensemble

On te dit de choisir : coureur ou lanceur de fonte, aérobie ou muscu. THW part de l'idée inverse, que les deux se complètent. Cet article teste cette idée contre les études, en commençant par la plus large (la santé de populations entières), en descendant vers la plus précise (l'ordre de tes séances), et en cherchant ce qui est démontré, ce qui est exagéré et ce qui n'est pas connu.

La problématique

Dans la plupart des salles et des clubs, il y a deux camps. Les coureurs, cyclistes et nageurs se méfient des poids : ils croient que prendre du muscle les alourdit et que la musculation « casse » l'endurance. Les gens de force se méfient du cardio : ils croient qu'il mange le muscle. Cette crainte n'est pas sortie de nulle part. Une étude célèbre de 1980 a bel et bien montré qu'une personne qui s'entraîne fort aux deux choses progresse moins en force que celle qui ne fait que de la force.8 Elle est souvent citée comme la preuve que les deux sont incompatibles.

Mais l'épidémiologie raconte autre chose : quand on suit des centaines de milliers de personnes, celles qui font de la musculation et de l'aérobie ont un risque de décès plus bas que celles qui n'en font qu'une.

Ces deux histoires semblent se contredire. D'un côté, des mesures de laboratoire où les deux entraînements se gênent. De l'autre, des mesures de santé où ils s'additionnent. Tu dois pourtant décider comment répartir tes heures d'entraînement : si on t'en laisse cinq par semaine, tu en mets combien sur la course, combien sur les poids, et dans quel ordre ? C'est de cette décision que part cet article.

La question

Faire à la fois de l'endurance et de la force est-il meilleur pour toi que de n'en faire qu'une seule, et l'« effet d'interférence » entre les deux est-il assez grand pour que tu doives choisir ?

On procède en six étapes, du plus général au plus précis : ce que chaque qualité fait séparément, ce qui se passe quand on les combine, d'où vient l'idée d'interférence, ce que disent les analyses récentes, ce que cela change dans l'organisation de tes séances, et enfin les objections. La réponse vient ensuite.

Les enjeux

Il y a d'abord un enjeu de santé, le plus solide de tous. Les études que l'on va lire relient chacune des deux pratiques à une baisse du risque de décès, de maladie cardiovasculaire et, pour la force, de diabète. Si les deux se cumulent, ignorer l'une des deux, c'est se priver d'une part d'un bénéfice déjà établi par l'autre.

Il y a ensuite le temps. Un adulte qui travaille n'a pas dix heures de sport par semaine. Si les deux se gênent beaucoup, il vaut mieux se spécialiser ; si l'effet est faible, il vaut mieux équilibrer. Se tromper coûte des années de progrès ou de bénéfice de santé.

Il y a l'enjeu de la performance. Les épreuves dites hybrides, où l'on court et où l'on porte, tire, pousse (comme le Hyrox, le CrossFit, les tests physiques militaires), demandent les deux qualités dans la même épreuve. Quelqu'un qui prépare une telle épreuve ne peut pas se permettre de choisir. Il a besoin de savoir comment les assembler.